Dans la gueule du loup, Olivier Bellamy.

Pour évoquer Prokofiev, Olivier Bellamy nous propose une approche aussi peu conventionnelle que son personnage : rejetant l’exhaustivité d’une biographie classique, il s’est focalisé sur des scènes brèves et romancées,  où s’illustre le mieux la personnalité caustique et absolue du compositeur russe. Les dialogues, nombreux et souvent savoureux, emportent alors le lecteur, par-delà de longues ellipses, du Paris mondain et artistique des années 30 aux dictatures de l’art du peuple dans l’URSS stalinienne, qui finissent par avoir raison de Prokofiev. Le style animé, quasi théâtral, de l’auteur réussit à faire revivre, outre Prokofiev lui-même, les compositeurs marquants qui ont croisé sa route et ont bien souvent fait les frais de ses sarcasmes. On ne peut alors que regretter une lecture trop vite achevée, parfois trop facile.L’auteur, comptant uniquement sur les dialogues pour faire ressortir les traits saillants de ses personnages, ne fait malheureusement qu’effleurer leur psychologie, et certains sont très nettement délaissés (Lina, par exemple, aurait sans doute mérité un traitement plus fouillé). Dans la gueule du loup offre donc une lecture divertissante, agréable, mais qui laisse sur sa faim.

ALD