Avancer, Maria Pourchet

On avoue avec difficulté s’être déjà imaginé tellement exceptionnel que tout devrait nous être dû. Victoria, Marie-Laure, ou Agathe (appelez-la comme vous voudrez, c’est la même personne, en plus ou moins entreprenant) assume sans complexes ce travers : elle attend ‘la voie royale’. Postée à son balcon, bien à l’abri des réalités de la vie quotidienne, cette ancienne étudiante passe ses journées à attendre que quelque chose lui arrive. Marc-Ange, qui n’est autre que son ex-prof de sociologie et avec lequel elle est en couple, lui confie bientôt une étude sur les vélen’villes.
Elle la mène avec langueur, plus intriguée par les destins de ceux qu’elle tente d’interviewer qu’en quête de résultats. Dans cette atmosphère bohème, aux allures faussement snobes, seul un enfant brillant, Le Petit (fils de Marc-Ange et frère d’une fillette quasi-amorphe), semble à même d’affronter l’adversité.
Avancer, Victoria le fait malgré elle, en répondant aux injonctions de ce qu’elle croit être son destin. Sa nonchalance la portera au plus bas. Libre à elle d’être actrice de sa vie pour s’en sortir.
Incisive, optimiste, jamais dans la plainte ou la tristesse, Maria Pourchet réalise l’exploit d’écrire un roman captivant alors même qu’il est délibérément dépourvu d’action. Le rien remplace l’action.
Prendre du temps pour soi, cette anti-héroïne des temps modernes ne s’en prive pas. Prenons donc le temps de lire Maria Pourchet, et ce ne sera pas pour rien !

LB