Madame de Sévigné, Saint-Simon et Proust auraient loué de concert, s’ils avaient vécu la 66ème Journée des Dédicaces, la survivance de ce qu’ils appelaient, en leur temps, « l’esprit Mortemart » !
Organisée le 7 décembre dernier dans les augustes murs de Sciences Po Paris, ancien hôtel du duc de Mortemart, cette Journée aura été la plus belle des dédicaces à cet « esprit » littéraire, raffiné, subtil, qui, par la volonté d’une communauté d’étudiants motivés et la grâce d’un certain mystère historique, imprègne encore ces lieux.
Cette 66
ème édition aura été l’occasion pour quatre des auteurs du Prix Littéraire des Grandes Ecoles – une association qu’on ne présente plus ! – de lire des extraits de leurs romans et de rencontrer des lecteurs de tous âges, venus très nombreux.
Les amateurs de musique ont eu la joie de faire la connaissance, non pas du ministre de l’économie Pierre Moscovici, pourtant présent entre autres célébrités, mais de l’animateur-vedette de Radio Classique, Olivier Bellamy, dont le premier roman,
Dans la gueule du loup, est en compétition pour cette 5ème et glorieuse Edition du Prix Littéraire des Grandes Ecoles. C’est soudainement la voix de Prokofiev, puis les hautbois, les flûtes et les violons de Pierre et le Loup, qui ont résonné dans la superbe Bibliothèque René Rémond, à travers la voix chaude, douce et musicale d’Olivier Bellamy, dont le roman évoque les tourments de la famille du célèbre compositeur sous l’ère stalinienne.
La voix radiophonique de Bellamy succédait à celle de Patricia Emsens, plus grave et mélancolique, qui donnait corps aux pensées de Marie, l’héroïne de son premier roman, Retour à Patmos, un émouvant récit du souvenir, du deuil et des passions amoureuses.
Enfin était dignement représentée la toute jeune génération d’écrivains avec Fanny Taillandier, venue nous lire quelques pages des
Confessions du monstre, un récit implacable sur l’irruption de la violence dans une vie apparemment ordinaire. Le ton froid et mécanique opportunément choisi par Fanny lors de sa lecture à voix haute dénonçait aussi, en creux, les perversions de la civilisation occidentale, à l’origine du drame.
Pour finir, Thomas Coppey a fait entendre la voix critique du narrateur de son premier roman,
Potentiel du sinistre, qui, en fustigeant la capacité de nuisance d’un management d’entreprise froidement rationnel sur l’individu, pose de manière plus originale la question de l’évolution de la langue et de son érosion avec l’apparition d’une nouvelle lexicographie professionnelle…
Le public, attentif et curieux, a ensuite pu échanger avec nos auteurs lors de la traditionnelle séance de dédicaces. A tous ceux qui n’ont pu venir, rendez-vous l’année prochaine ! 
 

 

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