Voici le jury de la huitième édition du Prix littéraire des grandes écoles ! Grâce à une lecture du cœur et de l’esprit, ils désigneront le lauréat de notre sélection.


École du Louvre : Benjamin Burguette, Violette Lombard,

École Normale Supérieure : Marie Alhino, Gilles Gressani,

Sciences Po : Ismaël Amiar, Lucas Dussere, Nina Rodriguez

Paris-Dauphine : Zoé Monti

Paris-Sorbonne : Pierre Chardot, Louise Granat, Éva Le Saux, Louis Tisserand

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Les Visages pâles – Solange Bied-Charreton, Stock

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Quand Raoul Estienne s’éteint au soir d’une vie d’industriel, ses trois petits-enfants prennent la route. Ils enterrent un vieil homme, ils enterrent leur enfance. La demeure familiale est trop grande et trop vide pour leur père, qui voudrait bien s’en débarrasser. Ce serait pour eux un ultime coup dans une plaie que la société française acidifie chaque jour davantage.
Nous sommes en janvier 2013, Hortense, la trentaine décidée, a fondé une start-up qui cartonne. Sa soeur Lucile traîne ses talents de graphiste solitaire dans l’une des tours postmodernes de La Défense. Alexandre, lui, est poussé dans le mouvement de La Manif pour Tous. Lorsque les agitations dégénèrent, lorsque Lucile tombe amoureuse de Charles, lorsque enfin le désordre s’empare de l’existence d’Hortense, tout bascule. Un grand roman contemporain, une satire sociale où résonnent humour, tragédie et émotion.

Une bouche sans personne – Gilles Marchand, Aux Forges de Vulcain

Un comptable se réfugie la journée dans ses chiffres et la nuit dans un bar où il retrouve depuis dix ans les mêmes amis. Le visage protégé par une écharpe, on ne sait rien de son passé. Pourtant, un soir, il est obligé de se dévoiler. Tous découvrent qu’il a été défiguré. Il commence à raconter son histoire à ses amis et à quelques habitués présents ce soir-là. Il recommence le soir suivant. Chaque fois, les clients du café sont plus nombreux et écoutent son histoire. Et, lui qui s’accrochait à ses habitudes pour mieux s’oublier, voit ses certitudes se fissurer et son quotidien se dérégler.
Léger et aérien en apparence, ce roman déverrouille sans que l’on y prenne garde les portes de la mémoire. Un livre sur l’amitié, sur l’histoire et ce que l’on décide d’en faire.

Vivre près des tilleuls – L’Ajar, Flammarion

9782081389199

Vincent König est le dépositaire des archives de l’écrivaine suisse Esther Mon-tandon. En ouvrant par hasard une chemise classée « factures », il découvre des dizaines de pages noircies, qui composent un récit intime. Esther a donc tenu un « journal de deuil », dans lequel elle a pour la première fois évoqué la mort de sa fille Louise et l’aberrante « vie d’après ». Les souvenirs comme les différents visages de la douleur s’y trouvent déclinés avec une incroyable justesse. Ces carnets seront publiés sous le titre Vivre près des tilleuls.

Roman sur l’impossible deuil d’une mère, porté par une écriture d’une rare sensibilité, Vivre près des tilleuls est aussi une déclaration d’amour à la littérature : ce récit d’Esther Montandon est en réalité l’oeuvre d’un collectif littéraire suisse, l’AJAR.

À la cave comme au ciel – Christian Dufourquet, Le Soupirail

9791093569321

Un vieux lettré mélancolique somnole dans une pièce envahie de livres, un fusil rouillé à la main. Une femme de ménage enchaîne les petits boulots. Un margi-nal sillonne la campagne.
Ces trois personnages se croisent, se heurtent, mortellement, dans une petite ville, au coeur d’un pays dévasté. La présence des livres, obsédante, invite à s’interroger sur leur pouvoir. Ou sur ce qu’il en reste…
À travers ces destins meurtris, l’auteur nous propulse dans un voyage poétique, mélancolique, violent parfois, autour des grands textes de la littérature et de ses miroirs.

Les Contes défaits – Oscar Lalo, Belfond

9782714473868

Peau d’âme, noire neige, le petit poussé… Il était zéro fois… c’est ainsi que commencent Les contes défaits. L’histoire est celle d’un enfant et de l’adulte qu’il ne pourra pas devenir.
Je suis sans fondations. Ils m’ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m’empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s’y inscrit s’évapore.
Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la néga-tion, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence…
Et c’est en écrivant l’indicible avec ce premier roman qu’il est entré de façon magistrale en littérature.

Saccage – Quentin Leclerc, Éditions de l’Ogre  

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Le premier roman de Quentin Leclerc est une fiction apocalyptique qui prend pied dans une société totalitaire en proie à une guerre intercontinentale et aux catastrophes climatiques.
Le lecteur suit, au travers des témoignages rapportés par la Carcasse, sorte de caste mutante qui rejoue sans cesse sa place dans le monde, l’agonie d’une population fuyant l’armée des Continents perdus et le gel.
Saccage est un roman de la colère qui explore les derniers temps d’un monde qui s’effondre et déploie une langue envoûtante et étrange proche de l’univers du post-exotisme d’Antoine Volodine ou de celui d’Alain Damasio.

Le Zeppelin – Fanny Chiarello, Éditions de l’Olivier

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Cet été-là, la lumière est si crue qu’elle rend tout incandescent. La Maison, car tel est son nom, est une ville banale de province, une image d’Épinal. Ou presque. Il est impossible de ne pas évoquer le canal qui la traverse et dans lequel les habitants ont la curieuse manie de jeter tout ce qui leur est cher. Y compris des proches. Peut-être est-ce dû à l’ennui insondable qui semble s’être emparé d’eux.
Le passage d’un zeppelin va enfin briser leur quotidien et leurs insignifiantes activités. Car l’ombre qu’il porte au-dessus de leurs têtes entraîne les réactions les plus inattendues et les plus folles, entre panique et dévotion. L’auteur épingle douze de ces habitants : douze personnages dont les récits, à la fois corrosifs, loufoques, émouvants, inventent un monde farfelu à la Brautigan.

Avant que naisse la forêt – Jérôme Chantreau, Les Escales 

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Marié à une jolie rousse, père d’une petite fille, Albert vit paisiblement au bout du RER parisien. Un jour qu’il traîne au lit avec sa femme, il laisse le téléphone sonner. Le répondeur se déclenche : sa mère est morte.
Albert décide de faire le point et s’enferme seul avec l’urne maternelle dans la propriété familiale de Mayenne, une grande maison cerclée de plusieurs hectares de bois. Une idée l’obsède : trouver une chanson pour la cérémonie funèbre. Mais une nuit, il est réveillé par des bruits étranges. Dans l’aile ancienne du bâtiment, les murs chantent… Les échos font revenir le passé. Et puis, il y a cette légende familiale qui dit qu’un ermite erre dans la forêt. Commence alors la lente remontée des souvenirs, et avec elle, celle des secrets d’une mère que seul un fils pouvait entendre.

Les Verticaux – Romaric Sangars, Léo Scheer

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Vincent Revel, journaliste parisien, écrivain raté, trentenaire désabusé, ren-contre deux êtres qui vont relancer sa fièvre initiale. Le premier est une jeune femme inspirée : Lia Silowsky, habitée par une forme de mysticisme où se mêlent chants bulgares et visions oniriques.
Le second, Emmanuel Starck, est un aventurier revenu s’installer à Paris après avoir beaucoup voyagé, expert en hacking comme en arts martiaux, hanté par les traditions d’une chevalerie résolument obsolète. Avec eux, Vincent se livre à des sabotages symboliques plus proches du happening que de l’attentat, tandis que son intérêt pour Lia se mue en authentique passion.

La Rentrée n’aura pas lieu – Stéphane Benhamou, Don Quichotte

51fyveinhdl-_sx195_Cette année-là, sans se concerter, sans obéir au moindre mot d’ordre, 11 mil-lions d’Aoûtiens ne reprirent pas le chemin du travail et de l’école à la fin août. Pandémie de burn-out face à la crise qui n’en finissait plus, au terrorisme qui, on ne cessait de le répéter, ne manquerait pas de frapper encore, abstention généralisée devant la menace de moins en moins fantôme d’une élection présidentielle terrifiante ?
Tous ceux qui avaient l’habitude de chroniquer et de disserter doctement se trouvèrent aussi désemparés pour comprendre le phénomène que le gouverne-ment pour trouver des solutions à cette rentrée buissonnière. Objets de toutes les préoccupations, sujets des études les plus alarmantes et cibles des haines les plus féroces, les Aoûtiens découvraient un nouveau monde et une vie dont ils étaient privés jusqu’à cette rentrée.