Alexis Roca d’Huyteza (Sciences Po Paris)

alexis roca

Selon une étude Ipsos, les moins de 35 ans sont la tranche d’âge de la population française qui lit le plus de livres, mais ils en lisent de moins en moins. La raison invoquée par la majorité des lecteurs est le manque de temps. Pourtant, n’est-ce pas précisément le pouvoir de la littérature que de retrouver la véritable saveur du temps ? Lire est une lutte avec le temps, pour le temps. En intégrant le jury du PLGE, je souhaite contribuer à montrer que, dans un monde où le temps est devenu une denrée rare, la littérature a plus que jamais sa place.

Antoine Voland-Logerais (Master Edition Sorbonne Paris IV)

antoineQu’est-ce que la littérature ? Un degré de fusion avec un style – un auteur – et une histoire – pour orienter la fusion. Entrer en résonance mentale et physique (viscères-cerveau-ventre) avec le texte. Un truc qui prend… Un rythme – le style toujours – sur lequel se module notre propre rythme interne. Donc être, même pas l’autre, mais la rencontre de deux rythmes spécifiques, donc création d’une nouvelle entité, un mélange, pour revenir à ce que je disais : une fusion. Alors si on me demande ce que je recherche dans un livre, ce qui va orienter mon choix lorsque viendra l’heure de juger, c’est ça : overdose d’émotions qui me décale dans une nouvelle peau. Ça peut-être subtil, furieux, amoureux, haineux, il faut que j’aille cracher sur la tombe de celui que j’étais avant la lecture.

Clara Ouchar (HEC)

Clara

Le Prix Littéraire des Grandes Ecoles répond à une frustration : je n’ai pu pleinement satisfaire mon goût pour la lecture au cours de mes études à Sciences Po puis à HEC. Comme beaucoup, j’ai longtemps assimilé la littérature à un lieu réservé aux initiés. Je sais maintenant qu’il nous faut fuir cette réduction pour considérer le livre comme une expérience formatrice et nécessaire à tous. J’ai naturellement saisi l’occasion de participer à un projet de découverte et de partage, devenant membre d’une communauté composée d’autant d’étudiants que de points de vue. Nous nous sommes réunis autour d’un même projet : réconcilier les mondes estudiantin et littéraire.

Gabrielle Stemmer (ENS Ulm)

gabrielle

Ce prix épouse ma conception de la littérature et ses mots d’ordre : renouvellement, enthousiasme et curiosité. Après voir été immergée dans la littérature du passé depuis les débuts de mes études littéraires, je me tourne vers ce qui s’écrit aujourd’hui et j’y découvre un souffle revigorant et stimulant. C’est une énergie similaire qui émane d’un jury composé d’étudiants, déterminés à examiner sans a priori des oeuvres encore vierges de jugements critiques institués, des objets littéraires encore non identifiés, qui sont autant de territoires à explorer. Nos voix récompenseront la possibilité d’une voie nouvelle dans la terra incognita du présent littéraire : réjouissons-nous.

Juliette Gaultier (Ecole des Chartes)

juliette

Mes études en histoire m’ont toujours poussé à voir dans la littérature un prolongement de ma matière de prédilection ; mon attachement à la littérature se porte donc naturellement vers les grandes fresques historiques, les romans de Hugo, de Tolstoï que je ne me lasse jamais de lire et de relire. Il a donc toujours s’agit pour moi, à travers la littérature, de trouver un complément, ou plutôt une manière différente d’appréhender des moments importants de l’histoire, d’en découvrir de nouvelles facettes, des histoires personnelles ancrées dans un temps recréé sous mes yeux.

Marc Freysselinard (EDHEC)

Marc

Il suffit de regarder la proportion d’associations littéraires parmi l’ensemble des associations étudiantes françaises pour constater que la littérature est en perte de vitesse. Il est donc essentiel de redoubler d’efforts pour la promouvoir et la rendre accessible auprès d’un public le plus large possible. La richesse de ce prix est qu’il permet de fédérer une large communauté étudiante autour d’une même passion, la littérature, et qu’il rapproche le monde littéraire, en apparence fermé, avec les étudiants.

Marie Grandjean (Institut Français de la Mode)

marie

Afin de satisfaire ma curiosité personnelle et de comprendre les mouvements de notre monde moderne, je porte un intérêt tout particulier aux tendances qui l’animent. Ces tendances ne se limitent pas, selon moi seulement au monde de la mode. C’est donc pourquoi, je m’intéresse aux univers créatifs dont la littérature tient une part considérable. Elle est un moyen de comprendre les enjeux de notre monde et ce, à travers des récits et des personnages qui incarnent d’une manière intime les préoccupations et les tendances actuelles. Participer en tant que juré au prix littéraire des grandes écoles est pour moi une opportunité d’avoir un véritable lien avec l’actualité littéraire. J’espère pouvoir apporter une vision nouvelle à la fois critique et créative.

Pierre-Marie Bonnaud (CELSA)

pierre marie

La littérature est pour moi triple : elle est objet, forme et fond. Une couverture, un résumé voilà ce qu’il me faut pour commencer. Un style, une plume, ce qu’il me faut pour continuer. Une histoire, un contenu, pour terminer. Mais le grand livre ne s’arrête pas, pour moi, à son ultime page. Il se poursuit, ancré au cœur et au corps de chaque individu. Mélasse ou onguent, le grand livre ne se livre jamais entièrement ni à sa la première lecture, ni à son premier lecteur. Le grand livre est une invite au partage, au débat. Si le grand livre est systolique, le jury se devra, selon moi, d’être diastolique.

Sarah Hermann (Dauphine)

Sarah

J’aime la littérature pour sa dimension totale. L’émotion esthétique découle tant de la beauté des mots, de leur harmonie, que de la profondeur du sens. Les mots épousent le sens pour produire du sensible et du spirituel. La puissance créatrice donne à la littérature ce paradoxe singulier : la littérature est un dévoilement du monde, elle l’éclaire, c’est un média au service de la vérité mais elle propose également un enchantement de la vie, une évasion infinie où les contraintes du réel sont abolies, pour laisser place à l’imaginaire, à l’inaccessible, à une liberté absolue.

Thomas Turelier (ESCP)

Thomas

Ayant étudié en prépa littéraire, j’ai eu l’occasion de me plonger dans de nombreux classiques, des oeuvres d’hier qui résonnent encore aujourd’hui. Tout l’enrichissement que j’ai tiré de ces lectures, je ne l’ai pas encore retrouvé dans la littérature actuelle qui, tiraillée entre une volonté d’innover et un besoin de plaire au grand public, est, il me semble, souvent restée rivée à des façons d’écrire éculées. C’est pourquoi, à travers le Prix Littéraire des Grandes Ecoles, je souhaite découvrir ceux qui porteront l’innovation littéraire de demain, ceux qui chambouleront nos horizons d’attente et éclaireront le monde d’une manière qui leur est propre.

Eliott Aubrun (HEC)

eliott

Participer à ce prix est pour moi une occasion unique et stimulante de découvrir la diversité et la force des créations de notre temps. Si j’ai eu la chance de pouvoir découvrir et apprécier la littérature, mes lectures se sont le plus souvent réduites à des œuvres non contemporaines. Non pas par un refus ou un dogmatisme archaïque, mais plutôt à cause d’une habitude. Une habitude acquise par l’école, puis perpetuée par l’université. Alors, découvrir et se plonger dans des romans d’aujourd’hui est pour moi un projet passionnant qui, je l’espère, contribuera à rapprocher l’écriture contemporaine des étudiants.

Tess Indycki (CFJ)

tess

Lettres, les lettres et encore des lettres, comme une galaxie regroupée dans un grand cerveau de l’univers dans laquelle des milliers de voyages sont possibles. Parfois, un arrêt est nécessaire. Cette fois-ci c’est un peu plus long car la réflexion demande une pause. Et le voyage recommence à l’infini jusqu’à l’extinction de la lumière. L’écriture n’a pas son pareil car elle est absolue, elle est le miroir de la pensée avec son immensité, sa densité et son pouvoir. Bien des lignes ont changé à jamais l’histoire de l’humanité, voilà une bonne raison d’y plonger avec envie, d’y naviguer. Inutile d’y chercher une destination finale car le savoir en est dépourvu. Alors partons, partons avec joie et délectation à la recherche d’une vibration, d’une émotion, et à la fin du voyage nous nous inclinerons devant l’élu. Oh dommage, repartir il nous faut déjà…

Damien Specq (Polytechnique)

Y-­a-­t-­il des livres qui méritent d’être lus ? A cette question pour le moins surprenante abordée lors d’une réflexion au détour d’un cours portant sur la littérature, je me suis tout d’abord demandé que dire. Puis la réponse s’est imposée telle une évidence : il n’y a pas de livres qui méritent d’être lus et d’autres qui méritent d’être oubliés, il n’y a que la capacité du livre à épouser les mouvements sous-jacents de la vie et des aspirations de son lecteur. Encore faut­-il que ce dernier mette la main dessus au bon moment… La littérature contemporaine a pour elle l’attrait de la nouveauté et son inscription dans les grandes tendances sociales de notre temps. C’est pourquoi elle est sans doute la plus à même de séduire la jeunesse actuelle, quels que soient ses horizons et sa formation. Et la grande force du Prix Littéraire des Grandes Écoles, c’est de promouvoir cette force créatrice contemporaine en récompensant un auteur encore jamais primé, afin que les étudiants, puis tous les curieux, puissent justement mettre la main dessus ! Nul doute que l’ouvrage en question, à ce moment précis, vaudra la peine d’être lu.

Héloïse Tschora (Centrale)

heloise

La littérature est le meilleur moyen que je connaisse pour s’oublier, s’effacer. Je lui suis complètement poreuse : quand je lis un auteur, j’adopte son ton, et si je parle ou si j’écris c’est avec ses tics, ses couleurs, ses images. Contenu et style sont indissociables, la forme ne peut être qu’un prolongement du fond. Je ne démêle pas les deux, je ne dissèque pas la littérature de façon rationnelle : elle appelle mes sentiments plutôt que mes idées. Pour qu’une oeuvre me touche, elle doit m’emmener ailleurs. Ce n’est pas une question de distance: si elle réussit à me sortir de moi, à me donner à voir du nouveau, de l’étranger, je m’y abandonne instinctivement. Elle m’enrichit. Lire, imaginer que le livre ne parle qu’à soi, lui ouvrir spontanément son intimité, c’est un acte d’amour.

Sonia Zerhouni (Ecole des Ponts ParisTech)

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Au-delà de considérations métaphysiques plaçant la littérature en tête de liste des moyens d’atteindre de grandes vérités sur l’homme et la vie, c’est son caractère parfois étanche qui heurte certains et les y rend imperméables. Participer à ce prix est donc pour moi un moyen de promouvoir une littérature contemporaine qui ne serait pas hermétique, de transmettre le goût que j’ai pour la lecture, et plus encore de montrer qu’un livre, et le plaisir de le lire, ne s’arrête pas à sa dernière page, mais qu’il nous change, en nous ouvrant les yeux sur le monde.