Les Confessions du Monstre, Fanny Taillandier

La publication d’American Psycho de Bret Easton Ellis en 1991 fut l’occasion d’un large scandale. On lui reproche entre autres son extrême violence et l’omniprésence de la pornographie. Si la publication du roman de Fanny Taillandier, Les confessions du monstre, n’a pas donné lieu à une telle indignation, on ne peut s’empêcher d’opérer un rapprochement entre les deux ouvrages. Critiques de nombreux aspects de notre modernité tardive, ils donnent tout deux à voir une image pessimiste de l’individu au tournant du XXIème siècle.

Ainsi si l’œuvre de Fanny Taillandier présente indéniablement des qualités littéraires certaines, la puissance de l’ouvrage se trouve à mon sens dans son inscription dans cette littérature assez particulière.

Il est assez difficile de résumer Les confessions du monstre. Bien que la trame narrative soit plutôt simple, la richesse des thèmes abordés en font une œuvre protéiforme. Depuis sa cellule de prison, un meurtrier relate son histoire, celle de ses meurtres successifs. Et surtout celle des mondes sociaux (depuis « Banlieue » où il est né, jusqu’à « City » où s’est déployé sa vie professionnelle) dans lesquels il a évolué avec l’objectif de trouver des causes à sa trajectoire criminelle.

Les artifices littéraires sont parfaitement maîtrisés et happent le lecteur. Le narrateur meurtrier s’adresse directement à ce dernier avec un  « Vous » inquisiteur faisant en un sens de lui son otage. Les phrases nominales sont nombreuses et participent d’un rythme irrégulier, souvent haché et donc d’autant plus subversif. La mise en valeur typographique de certains termes (l’italique, les guillemets) pointe avec humour et cruauté les transformations de notre langage (policé à outrance). Les sources du récit sont multiples et ainsi s’y glissent des rapports médicaux « bruts ». Il est aussi particulièrement intéressant de voir que le style évolue au cours de l’ouvrage: le langage se déconstruit petit à petit jusqu’à devenir radicalement incisif. Il y a cependant un revers à ce choix ; très frappé par le début et la fin, le lecteur aura tendance à percevoir le cœur de l’ouvrage comme étant en deçà du reste (cela a aussi évidemment à voir avec le schéma narratif). On prend beaucoup de plaisir à retrouver des références – finement et intelligemment choisies – à Camus, Dostoïevski ou Lou Reed.

Bien que ce soit un objet littéraire en lui-même intéressant et captivant, c’est cependant sa place au sein de la littérature contemporaine qui semble être le plus à même de susciter une importante réflexion. Il est indéniable que le conflit générationnel ait été au cœur de la littérature depuis longtemps ; de jeunes auteurs ont souvent écrit leur aversion pour le monde dans lequel ils sont nés. Ce qui peut apparaître comme plus révélateur de « l’esprit » de notre temps est la profondeur et l’intensité de cette aversion, et de ce pessimisme fataliste. Dans cette littérature l’avenir ne transparait plus comme potentiellement améliorable, mais comme irrémédiablement souillé par le présent.

Ces suppositions sont peut-être infondées. Peut-être surinterprète-t-on ce type de littérature. Peut-être est-elle simplement le reflet d’une mode « antisystème ». Il est vrai que de nombreux artistes choisissent la facilité et usent de cette rhétorique « antisystème » plutôt efficace. On voudrait en tous cas croire le contraire, en particulier quand une jeune auteur délivre un tel ouvrage.

Finalement, le livre de Fanny Taillandier est indéniablement un écrit qui se détache du flot incessant, souvent uniforme, des publications. Assurément d’une grande qualité, on se plaît à le lire bien que les thèmes traités n’aient rien de particulièrement réjouissant. Surtout, il me semble qu’il faille porter à Les confessions du monstre une attention particulière dans la mesure où il pourrait se révéler être un objet littéraire utile pour penser notre époque.

FdS

Dans ce monde propre et stérilisé, manger-bouger, cinq fruits et légumes par jour et les normes ISO garantissent le bonheur. Un bonheur auquel on est tenu. Les autorités sanitaires européennes s’en assurent. Dans ce système ultra-normé et sécuritaire point néanmoins la folie. Chez un cadre à succès, à la firme, auprès des femmes, de sa salle de sport. C’est un monstre, il tue, gratuitement, et nous livre ici ses confessions.

Il y a ici de la folie meurtrière obsédée par le sang et les entrailles, lieu de la reproduction et de la vie, du Moravagine de Cendrars, mais sans la puissance grandiose de sa folie. Il y a de la machine angoissante par ses rouages millimétrés et parfaitement stérilisés du Meilleur des mondes d’Huxley, mais son génie. Beaucoup de bons éléments forment un puzzle dont on ne parvient jamais à capturer une vision d’ensemble saisissante. Le style volontairement décousu n’exprime pas entièrement la personnalité propre du monstre. Il manque cette colonne vertébrale, cette flamme qui donnerait à ce récit une âme et ferait de ce roman sympathique un brûlot historique comme 1984.

PG

Dans Les confessions du monstre, nous avons affaire au monologue d’un serial killer. Dans la lignée de l’American Psycho de Bret Easton Ellis, cet individu revient, avec complaisance et délectation, sur un itinéraire déviant qui l’a mené des hautes tours de City jusqu’aux souterrains moribonds de la prison. Issu de la classe moyenne banlieusarde et de ses automatismes médiocres, il cède à la tentation du crime lorsqu’il commence à penser et à interroger le bien-fondé de ses désirs.

Mais, est-ce vraiment un monologue ? Bien que le roman semble adopter en partie la forme du journal intime et de la confession, le personnage n’utilise pas la forme écrite pour s’adresser à lui-même de manière schizophrénique. Il ne se livre pas non plus à un examen de conscience douloureux où les méfaits honteux seraient comme chuchotés à travers la grille du confessionnal en direction des cieux. Au contraire, l’aveu est tonitruant et de bout en bout, il est adressé au lecteur par l’entremise du pronom accusateur « vous ». Le lecteur devient protagoniste pour plusieurs raisons. L’une d’entre elles, c’est la fascination supposée qu’exerce le mal sur n’importe quel quidam assoiffé de sang. En d’autres termes, nous avons créé ce personnage, nous sommes co-auteurs car nous nous régalons du spectacle de la cruauté. Le mal est d’ailleurs hautement théâtralisé à travers le roman. Par ailleurs, nous sommes nous-mêmes le monstre. Nous n’avons simplement pas encore franchi la frontière séparant la tranquillité de la violence. Prophétiquement, le roman veut ainsi nous tendre un miroir.

Étrange postulat qui fait vaciller la cohérence du récit lui-même. En effet, bien que le personnage clame cette ressemblance universelle, il est animé dès le début d’une puissante hantise de la conformité. Dès l’incipit, il méprise le semblable, la masse (« la ménagère se serrait contre l’épaule de son prolétaire ») et son projet littéraire s’annonce d’emblée comme élitiste, rejetant la vulgarité.  Il ne s’adresse qu’à une certaine catégorie de lecteurs. En ce sens, l’injonction liminaire (« si vous ne savez pas lire, […] faites moi le plaisir de refermer ce livre ») entre en contradiction avec l’épigraphe cité de Baudelaire décrivant la noirceur généralisée : « Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat… ». Par ailleurs, le personnage conçoit bien son appartenance à une certaine classe sociale, d’habitude peu réservée aux criminels. Il souligne cette distinction et dédaigne les voyous sans éducation. Il se vante de son costume, de ses belles dents, de ses bons mots, une sorte d’Arsène Lupin sanguinaire. C’est pourquoi les massacres qu’il provoque sont toujours teintés d’une forme de « noblesse oblige » embarrassante. J’ai tué mais rappelez vous que je suis riche.

Dans cette perspective, le roman offre moins la description de l’énigme du mal qu’une tentative de résolution. A la source du crime, il y aurait une pathologie bien commune, celle de l’aspiration à la célébrité. Ainsi, sous couvert d’une dénonciation sociale de l’ordre lénifiant des classes moyennes (passage sociologique très intéressant du livre), c’est la passion de l’individuation qui anime ce héros. Mégalomane, il cherche tout d’abord à se distinguer dans la violence. Puisque les corps de cette société hygiéniste sont protégés et sanctifiés, il s’agira de les profaner, de leur faire du mal. C’est pourquoi il trouve une première émancipation en transformant sa sexualité efficace tout entière tournée vers la satisfaction en une passion douloureuse, tant sur le plan moral que physique. Cette alliance de l’amour et de la mort fournit de très beaux passages du livre. Mais, en entendant les cris de plaisir de ses voisins, le spectre de la conformité revient au galop. Il faut alors infliger de vraies blessures, ne pas demeurer sur le terrain factice de la sexualité. Il cherche aussi la distinction par le langage. Sa profession l’a mené aux sommets grâce à sa maîtrise du calcul et sa crise psychologique s’accompagne d’une redécouverte des mots. On regrette la dimension légèrement schématique de son parcours professionnel mais on comprend qu’il est traité comme une allégorie sans grand souci de réalisme.

Cependant, la métamorphose que subit le personnage est sûrement l’aspect le plus intéressant que propose le livre. Loin d’être campé dans ses positions initiales, il évolue et se transforme au cours de son incarcération. Lorsqu’il approche de la folie, ce sont alors ses tentatives d’émancipation qui sont démystifiées et lui apparaissent vaines. Par l’intermédiaire du roman-témoignage Le Feu d’Henri Barbusse, il entre en contact avec l’Histoire et avec la guerre. Il apprend que le mal n’est pas exceptionnel mais qu’il peut également être sérialisé. Il apprend que le langage peut être instrumentalisé et peut vouloir tout dire. La leçon qu’inflige Fanny Taillandier est violente et amère. En effet, le livre débutait comme un plaidoyer bravache et mégalomane. Il s’achève de manière humble et presque religieuse (si le livre n’était pas aussi nihiliste). On y reconnaît l’existence du néant, on y admet que l’homme n’est rien, que sa conscience est une fiction, que son langage est inutile. Il reste à se demander si le message est optimiste. Faut il vraiment mettre sa conscience au désert ? Un tel abandon ne condamne-t-il pas à la passivité ? Une telle revendication de la grossièreté du langage (« car rien n’est vraiment important qui soit aussi dicible ») ne rend-t-elle pas stérile le travail de l’écrivain ?

GA

S’intéressant à un personnage atypique de psychopathe propre sur lui, riche et séduisant, Les confessions du monstre commence de manière formidable. S’ouvrant sur une invective au lecteur – ne me lis que si tu en as la force, car ce que tu vas lire va te retourner les tripes ! (je paraphrase) –, il propose une narration mêlant le procès et le dialogue interne à cet acteur, ce comédien qui s’amuse de tout dans un cynisme permanent. Il est fascinant pour le lecteur, à ce stade du récit, d’explorer la psyché de cet homme, de chercher à comprendre ses motivations…

Et c’est là que le récit échoue à être exceptionnel : alors même que les clés de compréhension de son personnage ne sont pas compliquées outre mesure – c’est un homme vain, écœuré par l’uniformité et le conformisme de la classe moyenne banlieusarde, béatement heureuse, dans laquelle il a grandit, qui trouve dans le meurtre et l’horreur une manière de se différencier, de devenir autre, c’est-à-dire unique –, l’auteure semble se forcer à détailler précisément les motivations de son narrateur. Et c’est un véritable faux-pas, parce que la progression émotionnel de celui-ci – de la jouissance de la couverture médiatique à la folie, voire maladie, due à l’enfermement et l’isolation, loin de l’horreur teintée d’admiration de la foule – se suffit à elle-même, et perd de son impact par cette surcaractérisation inutile.

Un bel essai néanmoins, puissant et mené fermement.

HG

Introduit dès les premières lignes au lecteur comme une publication à sensation, promettant de satisfaire un public avide de scandales, Les Confessions du monstre n’ont pourtant rien du biopic type du tueur en série, dont le portrait fracassant trouverait une place de choix dans un remake de « Faites entrer l’accusé ». Si le narrateur, en proie à une violente mégalomanie, s’auto-identifie comme LE « monstre », comme l’allégorie faite de chair et d’os du Mal personnifié, et choisit de raconter dans ce roman sa monstruosité, de sa naissance à son apogée meurtrière, c’est pour mieux produire le pastiche de cette littérature tapageuse, et surtout de son lectorat, pressé de se mettre un nouveau Michel Fourniret sous la dent.

Identifié par sa ressemblance quasi-parfaite avec la société dans laquelle il se fond et se confond, City et sa banlieue, il ne constituerait qu’un citoyen lambda parmi les fourmis de City, s’il ne s’en distinguait par le sang sur ses mains. Dix, vingt, cinquante meurtres : là seul réside l’incertitude. Quant à sa culpabilité, elle ne fait aucun doute : elle est son unique moyen de singularisation parmi la masse informe qui compose City.

Le narrateur de Fanny Taillandier, antihéros par excellence, entend bien prouver à son lectorat –qu’il espère haletant, tremblant d’excitation– que sa propre classification et personnification en diable mortel ne sont que les produits de leur vision manichéenne de la société, destinée à doter leur vie d’un sens rassurant, puisque obéissant à une logique d’exclusion poussée à l’extrême. Le Bien face au Mal, la société de City, sa réussite, et le Monstre, son monstre. La ville de notre seul et unique protagoniste demeure ainsi – comme la vie qui s’y déploie – tristement binaire. Le meurtre, tel qu’il est perpétré par notre narrateur – aléatoire, animal, sans revendication aucune – est ainsi une injure jetée à la face de cette société aseptisée. Obscénité pour le lecteur, mais échappatoire pour le narrateur : il constitue l’unique déviation possible de la trajectoire verticale tracée par City vers une perfection paradigmatique, faite de vacances exotiques et de corps parfaitement hygiéniques. Parce que ces meurtres sont inexplicables, et cela d’autant plus que leur auteur est riche, charmant,  brillant, ce dernier les souhaitent obscènes, déstabilisants, provocants. Il est l’énigme monstrueuse d’une civilisation aboutie, son exception répugnante confirmant la règle de la bienséance. Tout comme le désert, ceinturant City, créé par elle et l’asphyxiant en retour, notre narrateur, dans son délire mégalomaniaque, entend entamer le désagrégement de la société dénuée de sens qui l’a engendré. « City créait le désert et le désert avalait City ».

Cette dynamique dichotomique, qui orchestre la totalité du roman de Fanny Taillandier pourrait bien en venir à lasser le lecteur, avide d’un peu plus de subtilité. Néanmoins, c’est justement cette logique implacable et dévastatrice qui fait de ce premier roman un récit séduisant et efficace. Si les actes démesurément fous du narrateur semblent atteindre un excès absolu, son discours en épouse parfaitement le raisonnement extrême. Les Confessions du monstre, ou l’histoire d’un Frankenstein du 21e siècle tout à fait crédible et passionnant.

CG

Tout commence par un procès : le procès du monstre. Quel crime atroce a bien pu commettre ce beau jeune homme pour susciter de telles réactions de la part du tribunal qui le condamne à perpétuité ? De quels actes inavouables est-il l’auteur sans remords, lui qui se tient si assuré à la barre, ne cherchant nullement à nier, refusant toute circonstance atténuante qui pourrait éclairer l’horreur de son geste? C’est à dessein qu’il force le trait, faisant montre d’un aplomb amer, et insiste sur sa monstruosité gratuite. Car il se délecte de leurs réactions outrées, avide de choquer ceux qu’il méprise au plus haut point : ses semblables. Et c’est bien parce qu’il méprise tant l’humanité qu’il se propose dans ce roman à la première personne de dévoiler son histoire, sachant que, tout dégoûtés qu’ils sont par ce faits divers sordide qu’il leur jette en pâture, les gens bien pensants ne pourront s’empêcher de se plonger avec fascination dans « les confessions du monstre ».

Nous voilà nous aussi, lecteurs du roman, devenus voyeurs : partis à la découverte du passé du monstre, nous tentons de comprendre pourquoi cet être gâté par la vie a basculé dans l’amertume et la folie. Parce qu’il nous faut comprendre, sinon quel remède à l’absurdité terrible de la vie ? Tout le propos du « monstre » est au contraire de nous montrer qu’il n’y a rien à comprendre, rien d’autre que le terrible non-sens de l’existence. Il avait tout pour être heureux : ses parents avaient été ce qu’on appelle de bons parents, sa vie sociale était épanouie, il excellait dans un travail qui lui permettait de mener un train de vie plus que confortable, il était sportif et n’avait aucun mal à multiplier les aventures à sa convenance… Dès lors, pourquoi n’était-il pas heureux ? On devine que derrière son attitude bravache se cache une angoisse profonde face au peu de profondeur de sa vie, angoisse dont il n’a lui-même pas conscience. En réalité, le moment où tout bascule est celui de sa rencontre avec Dona Sol, femme sensuelle qui semble porter sur son visage au sourire énigmatique toute l’ironie de ce monde à l’apparence parfaite et pourtant vide de sens. Cette femme, il la désire de tous les pores de sa peau, et leur passion dévorante confine à la folie. Peu à peu, l’extraordinaire intensité de cette relation dévastatrice lui fait prendre conscience de la vacuité de tout ce qu’il a vécu jusqu’alors. Il nie cette angoisse existentielle, incapable de mettre des mots sur ce mal-être, et l’abcès qui enfle en lui devra bien finir par crever…

Ce roman, entaché de quelques maladresses qui tiennent sans doute au jeune âge de l’auteur (Fanny Taillandier, qui n’a pas trente ans), a le mérite de réussir à déranger profondément. Il se veut un questionnement sur notre société aseptisée fondée sur le paraître, sur un culte de la performance qui ne répond pas aux aspirations profonde de l’être humain. Sans cause, sans dieu(x), sans liens affectifs profonds, sans failles et sans faiblesses, quelle humanité reste t-il ? En réalité, c’est bien parce qu’il est le moins monstrueux de tous, sans doute, que le monstre ne peut s’accommoder de cette vie-là. En deux mots, un livre intéressant, à ne pas mettre en toutes les mains cependant : dépressifs s’abstenir !

BM

Quiconque cherche un livre reposant ou plaisant, qu’il passe son chemin. Confessions du Monstre est dérangeant parce qu’il est juste dans le portrait qu’il trace du citoyen européen lambda. Si l’adresse aggressive au lecteur manque parfois de subtilité, la description du processus menant le héros à la crise existentielle est suffisamment finement ciselée pour renvoyer le lecteur à son propre parcours. La prise de conscience du monstre à la fin du récit est correctement amenée mais, sous prétexte de rendre la folie, perd en qualité d’écriture et en tension dramatique. Le lecteur qui, pris à la gorge, aura dévoré les premières pages finira par se demander combien de pages il lui reste à lire.

JdS